Immigration, Qui sont les migrants

« Il y a plus de migrants économiques que de réfugiés qui viennent en France et en Europe. »

C’est faux. Il y a plus de réfugiés que de migrants économiques.

Les migrants économiques, avec 27 000 personnes environ pour l’année 2017, n’arrivent en France qu’en 4ème position des motifs de migration, derrière le regroupement familial (87 000 personnes environ), les études (78 000 environ), et le motif humanitaire qui comprend les réfugiés (36 000 environ).
Voir l’article des Décodeurs du Monde « La France n’avait pas accueilli autant de réfugiés depuis dix ans »
Voir l’article du site Public Sénat « Check Point : plus de « migrants économiques » que de réfugiés vers l’Europe ? »

D’après l’OCDE, le terme « migration économique » recouvre « l’ensemble des migrants qui disposent d’un titre de séjour (…) délivré en vue de l’exercice d’une activité professionnelle ». L’OCDE parle d’un usage « fallacieux » du terme qui « contribue à dévoyer la discussion sur les politiques migratoires », car « il donne à penser que les migrations résultent essentiellement d’entrées irrégulières ». Or « la très grande majorité des migrations » s’effectuent « par le biais de canaux légaux et de manière ordonnée », et avec « d’autres motifs » que la demande d’asile.

Pour le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), « la confusion entre les réfugiés et les migrants peut avoir des conséquences graves sur la vie et la sécurité des réfugiés ». « Interchanger les deux termes détourne l’attention de la protection juridique précise dont les réfugiés ont besoin. Cela peut saper le soutien de la population pour les réfugiés et l’institution de l’asile à un moment où, plus que jamais auparavant, les réfugiés ont besoin d’une telle protection. »
Voir la dépêche AFP dans l’Express : « Opposer « migrants économiques » et « réfugiés » : gare à la confusion, dit l’OCDE »
Voir la vidéo « Qu’est-ce qu’un migrant économique ? » avec les explications d’Yves Pascouau, chercheur et directeur de www.europeanmigrationlaw.eu

Le « migrant économique », est devenu l’argument épouvantail.

Établir une différenciation entre les migrants poussés par la pauvreté et cherchant des conditions de vie meilleures, et des réfugiés venus pour échapper aux risques de torture ou de mort, c’est chercher à exclure.

C’est utiliser une rhétorique arbitraire du « bon », et du « mauvais » immigré, pour mieux refuser ceux que l’on a choisi de considérer comme mauvais.

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