Guerre, Terrorisme

« C’est moins dangereux de laisser les djihadistes français au Moyen-Orient. »

La question divise, et fait l’objet de débat. Rapatrier les djihadistes français en France n’est pas sans risque, et il n’existe pas de solution pleinement satisfaisante.
Pourtant, la plupart des experts en terrorisme et en sécurité sont plutôt d’avis que les rapatrier est la solution la plus sûre.

Pour Jean-Charles Brisard, Président du Centre d’analyse du terrorisme : « C’est la seule option pour les neutraliser durablement ». Wassim Nasr, journaliste à France 24, spécialiste des réseaux djihadistes et du terrorisme, pense que « les avoir en France sous la main, entre guillemets, c’est toujours mieux que de les avoir, éparpillés, entre les mains des différentes factions, et entre les mains de différents pays qui peuvent, un jour ou l’autre, ne plus être nos alliés. »

Jean-Charles Brisard parle notamment des Kurdes de Syrie qui détiennent les djihadistes français et n’ont pas d’infrastructure nécessaire pour les juger sur place. Ils souhaitent remettre ces djihadistes aux états dont ils sont ressortissants. Depuis 2015, les Kurdes ont jugé 1 500 djihadistes, et, selon l’ONG Human Rights Watch (HRW), les peines sont en moyenne de 5 à 7 ans, ce qui est assez faible. Elles sont 3 fois inférieures à celles prononcées en France.

En outre, les prisons françaises sont plus sûres que les prisons syriennes ou irakiennes. Dans ces dernières, les évasions sont courantes. Il est arrivé que plusieurs centaines de terroristes s’évadent. Les djihadistes peuvent aussi plus facilement disparaître dans la nature en Irak et en Syrie, et préparer de nouveaux attentats, notamment en France.

Alors que s’ils sont emprisonnés en France, les autorités françaises les auront « sous la main », et pourront mieux les surveiller et empêcher de nouvelles attaques. Et éviter les surprises telles que les attaques de 2015, qui ont pris la France complètement au dépourvu.
Il faut toutefois prendre en compte le fait que certains de ces djihadistes, qui sont des « durs », risquent de vouloir radicaliser d’autres détenus. Les mesures nécessaires doivent être prises pour empêcher toute nouvelle radicalisation.
Mais en France, il sera aussi plus facile de travailler à la déradicalisation des djihadistes.

Pour la France, surveiller les djihadistes et leurs familles à distance serait également beaucoup plus coûteux, et demanderait le déploiement de moyens importants. Suivre les faits et gestes de personnes situées à des milliers de kilomètres, dans des zones de guerre ou instables, est hautement complexe.

Voir l’article de La Croix « Faut-il rapatrier sur le territoire national les djihadistes français détenus en Syrie ? »
Voir l’article d’Europe 1 « Rapatrier les djihadistes français, un casse-tête pour les autorités »
Voir l’article de l’Express « Irak: 500 détenus s’évadent des prisons d’Abou Ghraib et de Taji après une attaque »
Voir l’article de la RTS « Le rapatriement des djihadistes reste la moins pire des solutions »

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