Notre époque, Société

« C’était mieux avant ! »

Si l’on regarde l’état du monde en 1900, 1930, 1960, 1990, et l’état du monde maintenant, il est clair que ce n’était pas mieux avant.

L’humanité a connu, et connait toujours, des progrès gigantesques dans tous les domaines : paix, droits et justice, médecine, confort de vie, réduction de la pauvreté, lutte contre la faim, accès à l’éducation, accès à l’information, diminution de la violence, de la criminalité …

C’est ce que montrent toutes les données sur la question : on vit mieux et plus longtemps en 2019 que quelques décennies auparavant.
L’ouvrage « Factfulness » notamment, du professeur de santé publique Hans Rosling, met les choses au point : l’extrême pauvreté touchait 85 % de la population mondiale en 1800, 50 % en 1966, 9 % en 2017. Sur la même période, l’espérance de vie a augmenté de 31 ans à 72 ans, la proportion des enfants décédés avant 5 ans s’est réduite de 44 % à 4 %.
Et ces progrès continuent même maintenant.
Voir l’article du Monde « « Factfulness », le livre qui démêle le fait du faux »
Voir l’article des Echos « Le monde va mieux, mais il ne veut pas le voir »

Les conflits armés sont bien moins fréquents, bien moins violents. Le monde est devenu plus sûr.
Voir la vidéo de Neil Halloran « The fallen of World War II »

En 1975, des hommes, interrogés lors d’un micro-trottoir, banalisaient et justifiaient le viol et les violences faites aux femmes. Cela montre que beaucoup de chemin a été fait en un demi-siècle.
Voir la vidéo de l’INA sur LCI « Il y a des femmes qui aiment ça »

Alors, pourquoi avons-nous l’impression de vivre dans un monde plus dangereux, plus instable ?

A mesure que notre sécurité et notre qualité de vie augmentaient, nous sommes devenus de plus en plus intolérants au risque. A mesure que la médecine progressait dans tous les domaines et que l’espérance de vie s’allongeait, la mort devenait de plus en plus choquante et tabou.
Chaque mort violente est considérée inacceptable. Les faits divers, les crimes sont sur-médiatisés. Les actes terroristes connaissent un retentissement énorme. Ce ne sont pas les événements les plus meurtriers, pourtant ils atteignent leur but, et instaurent un climat de peur et de méfiance.
Ce que montrent des travaux en psychologie, c’est que nous avons une vision biaisée du monde, qui ne correspond pas à la réalité.
Voir l’interview de Steve Pinker, professeur de psychologie cognitiviste « La diminution de la violence dans le monde est un phénomène massif et incontestable »
Voir l’interview du philosophe Michel Serres « Ce n’était pas mieux avant, mais ça pourrait être pire après ! »
Voir l’interview du psychologue Jacques Lecomte « Le monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez »

Bien sûr, le monde doit continuer à changer, en mieux. La violence, les morts, les injustices sont effectivement inacceptables. Que ça aille mieux maintenant ne veut pas pour dire autant dire que ça va bien, ou que ça va suffisamment bien. Mais il faut aussi prendre en compte tout ce qui existe de positif à notre époque actuelle. Nous avons la chance, pour la plupart d’entre nous, de ne pas être immédiatement menacés lorsque nous sortons de chez nous. « On ne parle pas des trains qui arrivent à l’heure. »

Un point de vue plus positif, plus équilibré et factuel sur notre temps, ne doit pas nous faire oublier les grands défis, et que l’heure est à l’action.

Si l’humanité va mieux, nous sommes malgré tout en train de connaitre une crise écologique planétaire, d’une ampleur sans précédent. La sixième extinction de masse des espèces vivantes est en cours, le dérèglement climatique s’accélère. Ce sont des phénomènes qui suscitent, à très juste titre, beaucoup d’inquiétude quant à notre avenir.
Selon les mots de Michel Serres : « Ce n’était pas mieux avant, mais ça pourrait être pire après ».
Voir l’article du National Geographic « La sixième extinction massive a déjà commencé »
Voir l’article de France Info « Climat, les experts tirent la sonnette d’alarme »

 

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